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2008, année de la baisse?

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Sources: lexpress.fr

C'est un petit appartement du quartier des Arts et Métiers, à Paris, sans gros défaut ni charme particulier.
Pourtant, malgré un prix plutôt sage pour la capitale - 5 600 € le mètre carré - ce bien a eu du mal à trouver son propriétaire.
«C'est comme s'il n'existait plus du tout de marché», constate Nathalie Naccache, directrice de l'agence Fortis Immo, dans le Ier arrondissement.
Un cas loin d'être isolé, qui témoigne de l'inquiétude ambiante.
Voilà un an, L'Express s'interrogeait à juste titre: «2007, l'année de la rupture?» Aujourd'hui, après 140% de hausse ininterrompue des prix depuis 1996, l'atterrissage est bel et bien terminé et le marché immobilier semble entrer dans une nouvelle ère.

Comme si les Français, désolvabilisés, se réveillaient après un long rêve pour se retrouver dans une société en mal de croissance et minée par les questions de pouvoir d'achat.
Le malaise est visible: depuis quelques mois, les délais de vente et les stocks augmentent dans le neuf, les appartements et les maisons se vendent plus difficilement dans l'ancien, aussi bien en province - en Rhône-Alpes, par exemple - qu'en Ile-de-France - notamment dans les communes les plus éloignées - ou à Paris.
Les prix, eux, ne montent pratiquement plus. «Et, désormais, il n'est pas exclu qu'ils baissent», affirme, pour la première fois depuis de longues années, René Pallincourt, président de la Fnaim.
Un ralentissement d'autant plus marqué que la crise des subprimes,qui plombe le marché immobilier américain, a entraîné, en France, une diminution des crédits.

Un retournement plus brutal que prévu

On s'attendait que le marché n'en finisse pas de s'effriter.
Et que cet assainissement soit totalement indolore.
Ce n'est pas le cas: le retournement est plus brutal que prévu.
«En juin, tout allait encore bien. En septembre, la donne avait totalement changé», raconte Guy Nafylian, PDG de Kaufman & Broad.
Au dernier trimestre de 2007, les ventes de logements neufs ont ainsi dégringolé de 10%. Un coup de frein qui risque de se poursuivre, puisque la Fédération des promoteurs constructeurs prévoit pour 2008 un recul de 14%.
Même constat dans l'ancien, où le rythme des transactions ralentit aussi nettement. «La fréquentation chute, les annonces ne donnent plus rien et certains biens mettent six mois à se vendre», résume Laurence Darmon, directrice de l'Etude des Vosges (IVe arrondissement de Paris).

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